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Ce que nous avons
Ce n'est pas la fortune de quelques-uns. C'est le total des comptes, des livrets, des assurances-vie et des placements de tout le monde, additionnés. Le vôtre est dedans.
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6 590 Md€
Le patrimoine financier des ménages français à fin 2025.
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445 Md€
Le seul Livret A, réparti sur 58 millions de livrets. Presque un par Français.
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2 162 Md€
L'assurance-vie. L'épargne réglementée dans son ensemble atteint 952 milliards.
Ce que l'État donne
En juillet 2025, une commission d'enquête du Sénat a rendu publiques cinq semaines d'auditions et trente-trois dirigeants de grandes entreprises entendus.
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211 Md€
Versés chaque année aux entreprises : dépenses fiscales, exonérations, subventions.
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2 267
Dispositifs différents recensés — État, Sécurité sociale, collectivités, Union européenne.
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0
Le rapport parle de sommes « ni évaluées, ni conditionnées », et réclame un « choc de transparence ».
Ce ne sont pas nos mots. Ce sont ceux des sénateurs.
Et cet argent, où va-t-il ?
Les aides publiques ne sont pas conditionnées. Rien n'oblige une entreprise qui les reçoit à investir, à embaucher ou à rester. Pendant que l'État versait 211 milliards, voici ce que les quarante plus grandes entreprises françaises ont reversé à leurs actionnaires.
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107,6 Md€
Versés aux actionnaires du CAC 40 en 2025. Un record : le seuil des 100 milliards est franchi pour la première fois.
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72,6 Md€
De dividendes. Et 35 milliards de rachats d'actions, en hausse de 37 % — de l'argent qui ne finance rien, il rehausse le cours.
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+114 %
La progression depuis 2016, où le total versé aux actionnaires s'élevait à 50,2 milliards.
L'État verse 211 milliards par an aux entreprises sans condition. Les quarante plus grandes en reversent 107,6 à leurs actionnaires.
Ce que ça coûte, ailleurs
Ces entreprises ne produisent pas seulement des dividendes. Voici deux dossiers documentés, jugés ou rapportés par des institutions publiques — pas par nous.
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100 000
Personnes concernées par les procédures d'expropriation liées aux projets pétroliers Tilenga et EACOP de TotalEnergies, en Ouganda et en Tanzanie. Retards d'indemnisation constatés. Premier procès français sur le devoir de vigilance.
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20 Mt
De déchets radioactifs stockés à l'air libre dans le nord du Niger, avec des risques de contamination des nappes, après plus d'un demi-siècle d'exploitation d'uranium. Rapport remis au président nigérien en février 2026.
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6,8 Md€
Rachetés par TotalEnergies de ses propres actions sur la seule année 2025. C'est le premier redistributeur du CAC 40.
Nous n'affirmons rien au-delà de ces faits. Ils sont publics, sourcés en bas de page, et ils suffisent : ce sont nos impôts qui alimentent en partie ces entreprises, et nos épargnes qui en détiennent les titres, souvent sans que nous le sachions.
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La division
Le rapport Pisani-Ferry–Mahfouz, commandé par le gouvernement, chiffre à 66 milliards d'euros par an l'investissement supplémentaire nécessaire à la transition écologique d'ici 2030.
Un pour cent. Pas dix, pas la moitié. Un centième de ce que nous avons déjà mis de côté couvre, chaque année, le besoin qu'on nous présente comme hors d'atteinte.
Et le Livret A seul — 445 milliards — pèse plus de deux années entières d'aides publiques aux entreprises.
L'argent n'est pas le problème. Ce qui manque, ce n'est pas la ressource — c'est de décider ensemble de ce qu'on en fait.
Et ce n'est pas qu'en France
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37 264 Md€
Le patrimoine financier des ménages de l'Union européenne.
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168 Md€
Toutes les aides d'État versées par les vingt-sept pays, en une année.
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372 Md€
1 % de l'épargne européenne — plus du double de toutes les aides d'État réunies.
Cinq pays détiennent 73 % de cette épargne : l'Allemagne (23,9 %), la France (18,0 %), l'Italie (14,8 %), les Pays-Bas et l'Espagne. La phrase est la même dans chacun d'eux, avec des chiffres officiels à chaque fois.
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Ce qui décide de tout ça
Votre épargne, vous la gérez. Les 211 milliards, non. Personne ne vous a demandé votre avis sur les 2 267 dispositifs, ni sur leur absence de conditions, ni sur le fait qu'ils ne soient pas évalués.
Ces décisions ne se prennent ni dans une banque ni dans un conseil d'administration. Elles se prennent au Parlement, dans des lois de finances votées chaque automne, par des gens que nous élisons.
Nous avons l'argent. Ce qui nous manque, c'est de savoir, au moment de voter, qui compte en faire quoi.
C'est la seule chose que ce site cherche à rendre lisible : combien, à qui, sous quelles conditions — et ce que chacun propose d'en changer. Sans sondage, sans classement, sans dire pour qui voter.
Comment ce site travaille
Chaque chiffre vient d'une source primaire : un rapport parlementaire, une statistique publique, une étude commandée par l'État. Le lien est donné, l'organisme est nommé, l'année est précisée. Rien n'est repris d'un article qui reprend un article.
Quand deux sources indépendantes disent la même chose, nous le signalons — c'est le cas ici pour l'épargne des ménages, mesurée par la Banque de France et par Eurostat, à deux pour cent près.
Quand les chiffres ne portent pas sur la même année, nous le disons aussi, même si ça affaiblit la démonstration. Un chiffre qu'il faut défendre par une pirouette ne vaut rien.
Ce site ne demande rien : ni don, ni adhésion, ni signature, ni adresse. Il n'appartient à aucun parti et ne soutient aucun candidat. Il suit une seule question — où va l'argent, et qui décide.